LES LOUEURS DU VALLESPIR (LLV)
Cures thermales :
regarder au-delà du seul coût du remboursement
Synthèse des documents transmis lors de la réunion du 14 septembre avec la Ville d’Amélie-les-Bains-Palalda
Pourquoi cette synthèse ?
Le document principal compte 24 pages et développe une analyse socio-économique du thermalisme. Cette synthèse en reprend les idées et chiffres essentiels afin d’en faciliter la lecture. Elle ne remplace pas les documents originaux : les renvois de pages permettent de retrouver le contexte, les hypothèses et les sources utilisées par les auteurs.
1. Le débat : une dépense immédiate, mais quels effets au total ?
L’étude de Xavier Borg et Éric Scarazzini part d’un constat : l’évaluation des cures thermales est souvent centrée sur leur coût direct pour l’Assurance maladie. Les auteurs proposent d’élargir l’analyse aux économies sanitaires indirectes, à l’autonomie des patients, à l’emploi, à l’activité économique locale et aux autres effets territoriaux.
Source : Borg & Scarazzini, pp. 2-4.
Le texte rappelle que, dans le cadre des débats du PLFSS 2026, une baisse du taux de remboursement de 65 % à 15 % avait été envisagée pour la majorité des patients, avec une économie attendue d’environ 200 millions d’euros. Selon l’étude, cette mesure n’a finalement pas été retenue dans ce cadre et une évaluation du service médical rendu a été confiée à la Haute Autorité de santé.
Source : Borg & Scarazzini, p. 2.
2. Les chiffres clés présentés par l’étude
| Chiffre 2024 | Ce qu’il représente dans l’étude |
|---|---|
| 471 600 | cures conventionnées prises en charge en 2024 |
| ≈ 283 M€ | coût annuel de remboursement estimé par les auteurs en 2024 |
| 0,1 % | part du budget de la Sécurité sociale attribuée à la médecine thermale selon le CNETh, reprise par l’étude |
| 210 à 370 M€ | économies sanitaires annuelles potentielles estimées par les auteurs pour 2024 |
| 9,24 millions | nuitées de curistes en traitement en 2024 |
| ≈ 4,8 Md€ | revenus attribués à l’activité thermale en 2024 selon les données reprises de l’Observatoire |
| > 25 000 ETP | emplois en Équivalent Temps Plein (ETP) attribués à l’activité thermale en 2024 selon les données reprises |
Sources : Borg & Scarazzini, pp. 5, 9-12. Les chiffres sont ceux repris ou calculés dans l’étude ; certains sont des estimations.
3. L’enjeu sanitaire : mesurer aussi les soins évités
Les auteurs s’appuient sur des travaux cliniques et médico-économiques portant notamment sur les pathologies chroniques. Ils rapportent une diminution de la consommation de certains antalgiques et anti-inflammatoires, moins de consultations de suivi, une amélioration de l’autonomie fonctionnelle et une réduction des arrêts maladie dans les situations étudiées.
Source : Borg & Scarazzini, pp. 3, 9-10. Études citées notamment : Thermarthrose, Maatherme, Rotatherm, Therm&Veines et Pacthe.
L’étude avance, sur cette base, une estimation de 400 à 700 € d’économies par patient et par an, soit potentiellement 210 à 370 millions d’euros au niveau national. Il s’agit d’une estimation construite à partir des effets documentés retenus par les auteurs, et non d’une économie garantie pour chaque cure ou chaque patient.
Source : Borg & Scarazzini, p. 10 ; précautions méthodologiques pp. 4 et 18.
4. L’enjeu territorial : une cure fait vivre un écosystème
L’analyse ne s’arrête pas à l’établissement thermal. Elle distingue les retombées directes (thermes, emplois, hébergement, restauration, commerces, transports, loisirs), indirectes (fournisseurs et prestataires) et induites (dépenses réalisées localement grâce aux revenus générés par l’activité thermale).
Source : Borg & Scarazzini, pp. 11-13.
Pour 2024, le document reprend 26,37 millions de nuitées marchandes dans les stations thermales, dont environ 9,24 millions liées aux curistes en traitement. Il indique également près de 4,8 milliards d’euros de revenus et plus de 25 000 emplois en équivalent temps plein attribués à l’activité thermale.
Source : Borg & Scarazzini, pp. 11-12 ; données reprises de l’Observatoire national de l’Économie des Stations Thermales, rapport 2025.
Pour un territoire thermal, la question du remboursement ne concerne donc pas seulement les soins : elle peut aussi toucher l’hébergement, les commerces, les services, les emplois et les finances locales. Cette dimension est particulièrement importante pour les communes dont l’activité dépend fortement de la fréquentation thermale.
Source : Borg & Scarazzini, pp. 12-14 et 19-20.
5. Que dit l’étude sur une baisse du remboursement ?
Les auteurs comparent l’économie budgétaire immédiate attendue d’une baisse du remboursement aux effets sanitaires et territoriaux susceptibles d’en résulter. Ils retiennent notamment, pour leur simulation nationale, l’hypothèse d’une baisse de fréquentation de 30 %. Sur cette base, leur analyse conduit à considérer que les économies visibles pour l’Assurance maladie peuvent être accompagnées de pertes ou de coûts différés pour le système de santé et les territoires.
Source : Borg & Scarazzini, pp. 14-17.
L’exemple d’Ax-les-Thermes est utilisé pour illustrer cette méthode. Les auteurs estiment, selon leurs hypothèses, un écart socio-économique défavorable d’environ 5,8 millions d’euros. Ils précisent eux-mêmes que cette balance doit être affinée et qu’il existe des risques de double comptage entre certains flux.
Source : Borg & Scarazzini, pp. 16-17.
6. Une précaution essentielle : ne pas transformer des estimations en certitudes
C’est un point important de l’étude. Les auteurs indiquent que les résultats cliniques sont favorables pour certaines indications et certains profils de patients, mais que les études sont hétérogènes. Ils précisent également que les estimations économiques combinent des données observées et des extrapolations. Leur travail ne permet donc pas d’affirmer que chaque cure « rembourse » systématiquement son coût.
Source : Borg & Scarazzini, p. 18.
Le message central est plus mesuré : une décision sur le remboursement devrait, selon leur cadre d’analyse, prendre en compte quatre dimensions complémentaires : le coût financier direct, les économies sanitaires indirectes, les effets économiques territoriaux et les impacts sociaux de long terme.
Source : Borg & Scarazzini, pp. 19-20.
7. Ce que propose le second document « REMBOURSEMENT »
Le document complémentaire rassemble des arguments médicaux, économiques et sociaux en faveur du maintien d’un accès aux cures thermales. Il insiste notamment sur leur caractère prescrit et encadré, sur la réduction possible du recours à certains médicaments, sur l’égalité d’accès aux soins et sur le poids économique des stations thermales.
Source : document « REMBOURSEMENT », rubriques 1 à 3.
Il invite également à faire connaître ces enjeux auprès des associations de patients, des élus et du public. Certaines formulations de ce document sont plus affirmatives que celles de l’étude de Borg & Scarazzini ; pour cette raison, la présente synthèse privilégie les formulations prudentes et les chiffres explicitement documentés dans l’étude de 24 pages.
Source : document « REMBOURSEMENT », rubriques 4 et 5 ; comparaison avec Borg & Scarazzini, p. 18.
À retenir
Les documents transmis invitent à ne pas réduire l’évaluation du thermalisme à une seule ligne de dépense. Ils proposent d’examiner simultanément les résultats de santé, les coûts évités, l’accès aux soins et les conséquences économiques et territoriales. Ils appellent également à consolider les données et à poursuivre l’évaluation afin que les décisions futures reposent sur une analyse complète et contradictoire.
Documents sources
1. Xavier Borg & Éric Scarazzini, « Le thermalisme comme investissement préventif et territorial : proposition d’un cadre socio-économique d’évaluation des performances », 24 pages.
2. Document « REMBOURSEMENT » : arguments médicaux, économiques, sociaux et pistes de mobilisation.
Synthèse préparée pour faciliter la lecture des documents transmis à LLV. Les documents originaux restent les références.
